Lisière incertaine

Peinture, poésie, création sonore(2012), performance (2016)

J’ai réalisé une série constituée de 150 peintures de paysage de très petits formats, après avoir recueilli au gré de rencontres, une trentaine de souvenirs de paysage d’enfance, comme autant de minuscules récits.
Cette série s’accompagne d’une création sonore de Pascal Bricard et de 21 textes poétiques de Jean Esserteau.
L’ensemble a été créé pour la galerie La Ralentie (Paris) et par la suite, installé par fragments dans différents espaces.
Mon désir était d’approfondir encore d’avantage le matériau originel, de le mettre en mouvement, d’ouvrir de nouveaux champs d’expérimentation. Comment en redessiner les contours? Comment l’exposer, comment rendre compte de son développement?

Un projet de spectacle est donc né d’une interrogation sur le statut de l’œuvre produite. La rencontre avec la comédienne Corinne Charvet a déclenché la concrétisation de l’expérience. Cette proposition artistique rend possible une pensée autre du dispositif de l’exposition. Elle donne au spectacle vivant la possibilité d’en augmenter la poésie. Les liens tissés entre théâtre, peinture et poésie permettent l’élaboration d’un échange sensible qu’il s’agit de définir et de bâtir au fil du processus. Mais il est question de mémoire et c’est du propos qu’est née sa forme singulière : Un dialogue entre passé et présent, minuscules morceaux de vie, (instants furtifs) interrogeant la part d’enfance et les replis de l’intime. Une promenade à travers les territoires du temps, de la mémoire et de l’oubli.

Dans l’écriture scénique, fragments de souvenirs (créations sonores), peintures et textes poétiques dit par la comédienne se croisent, des échos surgissent. La parole donne à entendre le texte dans sa musicalité, dans la beauté ou l’âpreté des mots ; souvent la voix se démultiplie, elle devient musique et silence, elle devient couleur. C’est naturellement qu’elle se tresse alors à la légèreté des petites peintures et au dispositif sonore. Les souvenirs sont évoqués en gestes, en mots et en images. De cette résonance à la fois lointaine et proche affleure une rêverie intime; comme un palimpseste revitalisant la mémoire de chacun, faisant trace commune.

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