Entre ciel et terre

Pour créer cet espace, j’ai utilisé la toile de drap usé de coton et de lin, matériau transportable et modulable qui circule, s’échange et se métamorphose au fil des époques.

Grâce au soleil et à la photosensibilité, les pans de toile ont conservé la mémoire de la végétation au milieu de laquelle ils ont été déposés, parfois le vent et la rosée s’en sont mêlés.

Les fragments de tissu brut suspendus se répondent dans un récit ouvert, entre authenticité et artifice, organisation et chaos, monde sauvage précaire et présences humaines.

La séparation entre intérieur et extérieur, apparition et disparition devient floue.

Le public est invité à pénétrer dans l’œuvre, cabane protectrice ou théâtre ouvert dans lequel on peut séjourner ou circuler. Ce passage offre une immersion dans la couleur, une réflexion sur le vivant et la fragilité du matériau mais aussi sur sa capacité à évoquer immédiatement un univers de fable.

Èglise Notre Dame de Surgères 2021

Installation environ 4m x 4m - Toile de coton et lin, ferricyanure de potassium, citrate de fer ammoniacal, oxyde de fer, tanin, chlorophylle, métal, bois, fil.

Citadelle du Château d'Oléron (2023)

Aux inaperçu.es les ondes brèves

Pour ce travail je me suis intéressée à une poétique du déplacement.
La dispersion végétale m’a conduit à une réflexion plus vaste sur les migrations du vivant, une manière de penser ensemble les mobilités humaines et végétales. 
La toile jaune suggère le mur d’un appartement d’où les tableaux auraient été décrochés, laissant la trace fantomatique de leur passage. Il parle d’attache, d’attachement mais questionne aussi le déplacement, l’incertitude et le déracinement.
Mur de décor et de songes, mur nomade, il porte les couches de l’histoire, des marques d’accrocs, le passé comme texture.

Citadelle du Château d'Oléron (2023)

Le présent se relie au passé par l’imagination.
La liane-racine, végétal arraché par les vents, rejetée par les courants marins est une sorte de mémoire flottante. L’échelle est incertaine, elle fournit un abri à de minuscules ballots de toile, des graines s’y accrochent. Elle a imprimé l’empreinte du vivant, du mouvement. Une manière de percevoir les comportements migratoires comme l’origine même des assemblages.

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